La rémunération du dirigeant, une question qui revient chaque année
En société, vous avez deux grandes façons de vous payer : une rémunération (salaire ou rémunération de gérance) versée au fil de l'année, et des dividendes distribués après la clôture des comptes, sur le bénéfice qui reste une fois l'impôt sur les sociétés payé.
Les deux n'ont ni le même coût ni les mêmes effets. La rémunération est une charge de la société : elle réduit le bénéfice imposable, mais supporte des cotisations sociales qui vous ouvrent des droits (retraite, santé, prévoyance). Les dividendes, eux, sont versés sur un bénéfice déjà imposé et suivent leur propre fiscalité.
Il n'existe pas de recette universelle. Le bon équilibre dépend de votre statut, de votre besoin de revenus personnels, de la trésorerie de la société, de vos projets et de votre situation familiale. C'est exactement le genre de sujet où un expert-comptable vous fait gagner du temps et de l'argent.
SASU et SAS ou EURL et SARL : deux logiques différentes
Votre forme juridique détermine votre régime social, et donc le traitement de votre rémunération et de vos dividendes.
Président de SASU ou de SAS : assimilé salarié
Votre rémunération relève du régime général de la Sécurité sociale, sans assurance chômage. Les dividendes que vous percevez ne supportent pas de cotisations sociales : ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème de l'impôt sur le revenu.
Gérant majoritaire d'EURL ou de SARL : travailleur non salarié
Vous relevez du régime des indépendants. Les cotisations sont calculées sur votre rémunération, et la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est soumise à cotisations sociales.
Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL
Comme le président de SAS, il relève du régime des assimilés salariés pour sa rémunération de gérance.
Et si vous ne vous versez aucune rémunération ?
C'est possible, mais sans rémunération vous ne cotisez pas, et vous n'acquérez donc pas de droits à la retraite ni certaines protections. Un choix à faire en connaissance de cause.
Les chiffres 2026 à connaître
Quelques repères fiscaux pour comprendre l'arbitrage. Ils s'appliquent aux revenus perçus en 2026.
- Impôt sur les sociétés : taux réduit de 15 % sur la part du bénéfice jusqu'à 42 500 €, puis taux normal de 25 % au-delà. Le taux réduit est réservé aux sociétés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
- Dividendes, prélèvement forfaitaire unique (PFU) : 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
- Option pour le barème progressif : vous pouvez choisir d'imposer vos dividendes au barème de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 % sur le montant brut. Les prélèvements sociaux restent dus.
- Rémunération du dirigeant : déductible du résultat de la société, imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie qui correspond à votre statut.
Comment Guillaume construit votre stratégie de rémunération
1. Faire le point sur vos besoins
Combien vous faut-il pour vivre chaque mois ? Avez-vous un projet personnel, un achat immobilier, un conjoint qui a des revenus ? Tout cela pèse dans le calcul.
2. Regarder la société
Statut, résultat estimé, trésorerie disponible, investissements à venir. Dans Cockpit, le tableau de bord affiche en temps réel la rémunération que vous pouvez vous verser.
3. Comparer les scénarios
Plus de rémunération, plus de dividendes, ou un mélange des deux : Guillaume compare le coût total pour la société et ce qui arrive réellement sur votre compte personnel.
4. Mettre en place et ajuster
La rémunération est versée au fil de l'année, les dividendes sont décidés lors de l'approbation des comptes. On ajuste quand votre activité ou votre situation évolue.
« Des conseils de pro pour des entrepreneurs, très orientés sur mes objectifs professionnels et personnels. »
★★★★★Arnaud Jeanmet · avis GoogleFrais professionnels et trésorerie : les deux leviers oubliés
Avant même de parler salaire ou dividendes, certaines dépenses peuvent être prises en charge par la société parce qu'elles sont engagées dans l'intérêt de l'entreprise : déplacements professionnels, équipement, abonnements, formation. Bien gérées et bien justifiées, elles évitent de vous verser une rémunération taxée pour payer ensuite ces mêmes frais de votre poche.
La trésorerie, elle, fixe les limites du possible. Un bénéfice sur le papier ne veut pas dire de l'argent disponible : TVA à reverser, impôt sur les sociétés à payer, cotisations à venir. Se verser trop en début d'année peut mettre la société en difficulté au moment des échéances.
C'est pour ça que Cockpit affiche votre trésorerie, votre résultat estimé et la rémunération possible en temps réel, avec des rappels avant chaque échéance. Vous décidez en voyant les chiffres, et Guillaume est là pour en parler.
Pour les dirigeants qui détiennent plusieurs sociétés ou qui veulent réinvestir leurs bénéfices, une holding peut aussi entrer dans la réflexion.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ?
Cela dépend de votre statut, de vos besoins personnels, de la trésorerie de la société et de la protection sociale que vous souhaitez. La rémunération ouvre des droits sociaux et réduit le bénéfice imposable, les dividendes coûtent moins en cotisations dans certains statuts mais n'ouvrent pas de droits. On compare les scénarios avec vos chiffres.
Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?
Le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème progressif avec un abattement de 40 %.
En EURL, mes dividendes sont-ils soumis à cotisations sociales ?
Si vous êtes gérant majoritaire (travailleur non salarié), la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est soumise à cotisations sociales.
En SASU, puis-je me verser uniquement des dividendes ?
C'est possible. Sans rémunération, vous ne cotisez pas, vous ne validez donc pas de droits à la retraite ni certaines protections sociales. C'est un choix à mesurer avec votre expert-comptable.
Quel est le taux de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?
15 % sur la part du bénéfice jusqu'à 42 500 € pour les sociétés éligibles au taux réduit, puis 25 % au-delà.
Quand peut-on se verser des dividendes ?
Les dividendes sont décidés lors de l'approbation des comptes, une fois l'exercice clos et le bénéfice connu. Safiance prend en charge ce juridique annuel.
Accompagnez-vous les dirigeants hors de la région PACA ?
Oui. Le cabinet est à La Ciotat, près de Marseille, et Guillaume accompagne des dirigeants partout en France à distance.


