
La réponse courte. Oui, un auto-entrepreneur paie la cotisation foncière des entreprises (CFE), même s'il travaille depuis son salon ou chez ses clients. Elle n'est pas due l'année de la création, et vous en êtes exonéré si votre chiffre d'affaires de référence, en principe celui de l'avant-dernière année ramené à douze mois, ne dépasse pas 5 000 €. Sans local, vous payez une cotisation calculée sur une base minimum fixée localement, entre 250 € et 597 € pour un chiffre d'affaires jusqu'à 10 000 €, multipliée par le taux voté sur votre territoire. La réduction de moitié prévue l'année suivant la création ne diminue pas cette base minimum. L'avis arrive uniquement dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, et le paiement est attendu au plus tard le 15 décembre 2026.
Chaque fin d'année, c'est le même scénario. Un micro-entrepreneur qui pensait n'avoir « rien à payer de plus » découvre un avis de CFE dont il n'avait jamais entendu parler, souvent la deuxième année d'activité, au moment précis où il commençait à se croire tranquille. La CFE n'a rien de mystérieux, mais elle a la mauvaise idée de ne jamais arriver par courrier.
Dans cet article, je reprends ce qu'un auto-entrepreneur doit savoir sur la CFE en 2026 : qui la doit, dans quels cas on en est exonéré, comment se calcule le montant quand on n'a pas de local, quelle déclaration faire à la création et à quelles dates payer. Pour le reste de vos obligations, voyez notre page dédiée aux micro-entrepreneurs.
La CFE, c'est quoi exactement ?
La cotisation foncière des entreprises est un impôt local. Avec la CVAE, elle forme la contribution économique territoriale, qui a remplacé l'ancienne taxe professionnelle. Son produit revient aux collectivités où vous exercez, d'où des montants très différents d'une commune à l'autre.
Le principe de calcul est simple sur le papier : on prend une base d'imposition, puis on lui applique un taux voté localement. Pour une entreprise qui occupe des locaux, la base correspond à la valeur locative des biens utilisés pour l'activité au cours de l'année N-2. Pour la CFE de 2026, on regarde donc les locaux utilisés en 2024.
Pour un micro-entrepreneur, cette valeur locative est souvent nulle ou très faible : on ne loue pas un bureau pour quelques missions de rédaction. C'est là qu'intervient la cotisation minimum, que paient en pratique la plupart des auto-entrepreneurs.
CFE micro-entreprise : qui doit la payer ?
La réponse tient en une phrase : les micro-entrepreneurs sont redevables de la CFE dans les mêmes conditions que les autres entreprises.
Vous êtes concerné dès lors que vous exercez en France, à titre habituel, une activité professionnelle non salariée. La forme juridique, la nature de l'activité (commerciale, artisanale ou libérale) et le régime d'imposition n'y changent rien. La CFE est due pour l'année entière par l'entreprise qui exerce son activité au 1er janvier.
Certaines activités sont toutefois exonérées de plein droit, sous conditions : par exemple certains artisans travaillant seuls, certains chauffeurs de taxi ou d'ambulance, les artistes-auteurs (hors auteurs de logiciels) ou les vendeurs à domicile indépendants sous un plafond de rémunération. Si vous êtes dans l'un de ces cas, vérifiez les conditions exactes sur la fiche officielle citée en sources : un « à peu près » ne suffit pas face à l'administration.
Exonération de CFE pour l'auto-entrepreneur : les cas à connaître
La première année : rien à payer
L'année de la création de votre micro-entreprise, la CFE n'est pas due, quelle que soit la date à laquelle vous avez démarré.
Vous devez en revanche déposer la déclaration initiale 1447-C-SD au plus tard le 31 décembre de l'année de création (voir plus bas).
La deuxième année : une réduction de moitié qui ne joue pas sur la base minimum
L'année qui suit la création, la base d'imposition de la CFE est réduite de 50 %. Cette réduction porte sur la valeur locative de vos locaux. Elle ne touche pas la base minimum. L'administration compare la base après réduction à la base minimum : si elle est plus faible, c'est la base minimum qui s'applique, en entier.
Pour un micro-entrepreneur sans local, la deuxième année se paie donc en général au même niveau que les suivantes, sauf exonération liée au chiffre d'affaires. C'est souvent la première fois que l'avis apparaît dans l'espace professionnel : mieux vaut l'avoir prévu.
Un chiffre d'affaires jusqu'à 5 000 € : exonération
Si votre chiffre d'affaires ou vos recettes de l'année de référence ne dépassent pas 5 000 €, vous êtes exonéré de la cotisation minimum, et donc de CFE si vous n'avez pas de local. L'année de référence est en principe l'année N-2 : pour la CFE de 2026, on regarde le chiffre d'affaires de 2024.
Deux précisions qui évitent les mauvaises surprises :
- si votre période de référence ne fait pas douze mois, par exemple parce que vous avez démarré en cours d'année, le chiffre d'affaires est ramené à douze mois. Un micro-entrepreneur qui a réalisé 3 000 € en quatre mois est retenu pour 9 000 € (3 000 € x 12 / 4) : il n'est donc pas « sous les 5 000 € » aux yeux du calcul ;
- pour une entreprise créée l'année précédente, c'est le chiffre d'affaires de cette première année qui sert de référence, avec le même ajustement à douze mois ;
- cette exonération relève du régime européen des aides dites de minimis, dont le plafond est très rarement atteint par un micro-entrepreneur.
Les exonérations votées localement
Il existe enfin des exonérations facultatives, que la collectivité peut décider : certaines zones (par exemple les quartiers prioritaires de la politique de la ville ou les zones de revitalisation), la création ou l'extension d'établissement sur délibération, les jeunes entreprises innovantes, etc. Si vous pensez être dans l'un de ces cas, la demande se fait en principe sur le formulaire 1447-C-SD dès la première année, ou sur le 1447-M-SD les années suivantes.
CFE auto-entrepreneur sans local : la cotisation minimum
Vous travaillez chez vous, dans un espace de coworking à la journée ou directement chez vos clients ? Vous n'échappez pas à la CFE pour autant. Quand vous n'avez pas de local, ou que sa valeur locative est très faible, la CFE est calculée sur une base minimum.
Cette base est établie au lieu de votre principal établissement. Pour un micro-entrepreneur domicilié chez lui, c'est l'adresse de son domicile ; pour celui qui a signé un contrat de domiciliation commerciale, c'est l'adresse de la société de domiciliation. Le choix de l'adresse a donc une incidence directe sur le montant, puisque chaque territoire fixe sa propre base et son propre taux.
Le travail à domicile ne supprime donc pas la CFE, il la fait simplement passer en mode « minimum ».
Quel est le montant de la CFE d'un auto-entrepreneur en 2026 ?
La base minimum n'est pas un montant national unique. La loi fixe des fourchettes selon le chiffre d'affaires de l'année de référence, et chaque commune, ou l'intercommunalité qui perçoit la CFE à sa place, choisit un montant à l'intérieur de ces fourchettes. Les limites sont revalorisées chaque année. Voici le barème applicable à la CFE due en 2026 :
| Chiffre d'affaires ou recettes HT de l'année de référence | Base minimum (CFE 2026) |
|---|---|
| Jusqu'à 10 000 € | Entre 250 € et 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | Entre 250 € et 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | Entre 250 € et 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | Entre 250 € et 4 183 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | Entre 250 € et 5 974 € |
| Au-delà de 500 000 € | Entre 250 € et 7 769 € |
Attention à un contresens fréquent : ce tableau donne une base, pas le montant à payer. Votre CFE correspond à cette base multipliée par le taux de CFE voté sur votre territoire, à quoi s'ajoutent des frais de gestion. Deux micro-entrepreneurs au même chiffre d'affaires, dans deux communes différentes, ne reçoivent donc pas le même avis. Méfiez-vous donc des articles qui annoncent « la CFE d'un auto-entrepreneur coûte X € » : sans la commune, ce chiffre ne veut rien dire.
Pour savoir où vous vous situez, le plus fiable reste votre avis de l'année précédente, qui indique la base retenue et le taux appliqué. Le ministère de l'Économie met aussi à disposition un outil pour consulter les taux d'imposition locaux appliqués aux professionnels commune par commune.
Et à La Ciotat ?
Comme le cabinet est installé à La Ciotat, la question revient régulièrement chez les freelances du coin. La Ciotat fait partie de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Or, d'après la doctrine fiscale officielle, cette métropole est un établissement intercommunal à fiscalité propre qui suit le régime des métropoles, lesquelles relèvent de plein droit de la fiscalité professionnelle unique. Dans ce régime, c'est l'intercommunalité qui se substitue aux communes membres pour la CFE : c'est donc le conseil de la Métropole, et non le conseil municipal de La Ciotat, qui vote le taux de CFE et fixe la base minimum applicable sur son territoire.
Je ne vous donne volontairement ni taux ni montant local ici : ils peuvent évoluer d'une année sur l'autre et dépendent de votre tranche de chiffre d'affaires. Pour connaître votre situation exacte, consultez votre avis de CFE dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, ou l'outil officiel de consultation des taux locaux. Si vous voulez qu'on regarde votre avis ensemble, notre cabinet de La Ciotat reçoit sur place, et nous accompagnons aussi des micro-entrepreneurs à distance partout en France : voyez notre accompagnement comptable des micro-entrepreneurs.
Déclaration de la cotisation foncière des entreprises : le formulaire 1447-C
La déclaration initiale, une seule fois
L'année de votre création, vous devez déposer une déclaration initiale de CFE sur le formulaire 1447-C-SD, au plus tard le 31 décembre de cette année, auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE). Si vous créez votre micro-entreprise en 2026, la déclaration est donc à faire avant le 31 décembre 2026, pour la CFE qui sera due en 2027.
Ce formulaire sert aussi à demander dès le départ une éventuelle exonération facultative. La fiche officielle prévoit un envoi par courrier à votre SIE.
Ensuite, plus rien à déclarer, sauf changement
Une fois cette déclaration initiale faite, vous n'avez pas de déclaration annuelle de CFE à déposer. Une nouvelle déclaration n'est nécessaire qu'en cas de changement qui affecte le calcul, comme une modification de la surface de vos locaux, ou pour signaler la fermeture d'un établissement. Elle se fait alors sur le formulaire 1447-M-SD, au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l'année qui suit le changement. Pour un changement intervenu en 2026, la date limite est le 4 mai 2027, et il sera pris en compte dans la CFE de 2028.
Avis de CFE et paiement : les dates de 2026
Un avis uniquement en ligne
Les avis de CFE ne sont plus envoyés par la poste. Ils sont mis à disposition uniquement en ligne, dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Si vous n'avez jamais créé cet espace, faites-le maintenant : sans lui, vous ne verrez pas votre avis passer.
Je recommande d'aller vérifier votre espace professionnel en novembre et début décembre, plutôt que d'attendre une lettre qui ne viendra pas.
La date limite : 15 décembre 2026
La CFE de 2026, ou son solde, est à payer au plus tard le 15 décembre 2026. Quand une date limite tombe un week-end ou un jour férié, elle est reportée au premier jour ouvrable suivant.
Si votre CFE de l'année précédente atteint ou dépasse 3 000 €, vous payez en deux fois : un acompte de 50 % au plus tard le 15 juin, puis le solde en décembre. C'est rarement le cas d'un auto-entrepreneur.
Comment payer
Le paiement de la CFE doit se faire par un moyen dématérialisé. Vous avez trois options :
| Mode de paiement | Fonctionnement | Date limite d'adhésion (sans acompte) |
|---|---|---|
| Paiement direct en ligne | Vous payez vous-même depuis votre espace professionnel | Jusqu'à la date limite de paiement |
| Prélèvement à l'échéance | Le montant est prélevé après la date limite | 30 novembre |
| Prélèvement mensuel | Dix prélèvements, le 15 de chaque mois de janvier à octobre | 30 juin, pour l'année en cours (15 juin si vous payez un acompte) |
La mensualisation a un vrai intérêt pour lisser la charge, surtout quand on prévoit sa trésorerie au mois près. Si vous avez déjà un contrat de prélèvement pour la CFE, il est reconduit sans démarche de votre part.
Ce que je conseille aux micro-entrepreneurs
Trois réflexes suffisent à ne plus jamais être surpris par la CFE.
Provisionner dès la deuxième année. La CFE tombe en même temps que les cadeaux de Noël : mettre un peu de côté chaque mois évite de vider la trésorerie de décembre.
Surveiller son chiffre d'affaires ramené à douze mois. Si vous êtes proche des 5 000 €, faites le calcul sur une année pleine avant de vous croire exonéré. Et si vous vous approchez au contraire des seuils de franchise de TVA, lisez notre article sur le dépassement du seuil de TVA en micro-entreprise.
Choisir son adresse en connaissance de cause. Domicile ou domiciliation, la CFE dépend du territoire. Mieux vaut le savoir avant de signer un contrat de domiciliation.
Si vous démarrez votre activité, notre page création d'entreprise récapitule aussi les démarches des premiers mois.
On en parle ?
Vous avez reçu un avis de CFE qui vous semble incohérent, ou vous ne savez pas si vous pouvez prétendre à une exonération ? Je regarde volontiers votre situation avec vous. Appelez-moi au 06 95 85 95 01 ou passez par la page contact. Nos formules d'accompagnement sont présentées sur la page tarifs.

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Vos questions, nos réponses
Un auto-entrepreneur doit-il payer la CFE la première année ?
Non. La CFE n'est pas due au titre de l'année de création de la micro-entreprise, quelle que soit la date de démarrage. Vous devez toutefois déposer la déclaration initiale 1447-C-SD au plus tard le 31 décembre de cette année. L'année suivante, la base d'imposition est réduite de moitié, mais cette réduction ne diminue pas la base minimum, que paient la plupart des micro-entrepreneurs sans local.
Je travaille à domicile, dois-je payer la CFE ?
Oui. Le fait de ne pas avoir de local ne supprime pas la CFE. Elle est alors calculée sur une base minimum fixée par la commune ou l'intercommunalité de votre domicile, en fonction de votre chiffre d'affaires, à laquelle s'applique le taux voté localement.
Combien coûte la CFE pour un auto-entrepreneur ?
Il n'existe pas de montant national. Pour un chiffre d'affaires jusqu'à 10 000 €, la base minimum de 2026 se situe entre 250 € et 597 € selon la collectivité, et votre CFE correspond à cette base multipliée par le taux local, plus des frais de gestion. Le plus fiable est de consulter votre avis de l'année précédente.
Comment être exonéré de CFE en micro-entreprise ?
Vous êtes exonéré l'année de création, et chaque année où votre chiffre d'affaires de référence, en principe celui de l'année N-2 ramené à douze mois, ne dépasse pas 5 000 €. Certaines activités sont exonérées de plein droit, et des exonérations facultatives existent selon les décisions locales.
Où trouver mon avis de CFE ?
Uniquement dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Aucun avis papier n'est envoyé. Si vous n'avez pas encore d'espace professionnel, créez-le sans attendre l'échéance.
Quelle est la date limite de paiement de la CFE en 2026 ?
Le 15 décembre 2026. Si votre CFE de l'année précédente atteignait au moins 3 000 €, un acompte était en plus dû au 15 juin 2026. Le paiement se fait obligatoirement en ligne : paiement direct, prélèvement à l'échéance (adhésion jusqu'au 30 novembre) ou mensualisation.
Faut-il refaire la déclaration 1447-C chaque année ?
Non. La déclaration 1447-C-SD se dépose une seule fois, l'année de la création. Ensuite, une déclaration 1447-M-SD n'est nécessaire qu'en cas de changement qui modifie le calcul, ou pour signaler une fermeture.
Sources officielles
- Un micro-entrepreneur doit-il payer la cotisation foncière des entreprises (CFE) ?, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Cotisation foncière des entreprises (CFE), entreprendre.service-public.gouv.fr
- Déclaration initiale 1447-C-SD (CFE), entreprendre.service-public.gouv.fr
- Devrai-je acquitter une CFE l'année de la création de mon entreprise ?, impots.gouv.fr
- En matière de CFE, à quelle date dois-je déposer ma déclaration de création (n° 1447-C) ?, impots.gouv.fr
- Article 1679 quinquies du code général des impôts (acompte et solde de la CFE), legifrance.gouv.fr
- Article 1647 D du code général des impôts (cotisation minimum), legifrance.gouv.fr
- Article 1609 nonies C du code général des impôts (fiscalité professionnelle unique), legifrance.gouv.fr
- CFE, cotisation minimum, règles générales (BOI-IF-CFE-20-20-40-10), BOFiP
- CFE, réduction de base pour création d'établissement (BOI-IF-CFE-20-30-50), BOFiP
- CFE, création et extension d'établissement (BOI-IF-CFE-20-50-10), BOFiP
- Régime fiscal applicable à chaque catégorie d'EPCI (BOI-IF-COLOC-10-20-10), BOFiP
- Intercommunalités de La Ciotat (BANATIC), banatic.interieur.gouv.fr



