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Taux de cotisations auto-entrepreneur 2026 : le tableau complet et les calculs

Taux de cotisations auto-entrepreneur 2026 : 12,3 %, 21,2 %, 25,6 % ou 23,2 % selon l'activité, plus formation et taxe consulaire. Tableau et calculs.

Guillaume MaileyPar Guillaume Mailey, Expert-comptable inscrit à l'Ordre, fondateur de Safiance· Mis à jour le 4 novembre 2026· 9 min de lecture
Cotisations auto-entrepreneur 2026

La réponse courte. En 2026, un auto-entrepreneur paie un pourcentage de son chiffre d'affaires encaissé : 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC), 25,6 % pour les autres prestations de services et professions libérales (BNC) et 23,2 % pour les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav. S'y ajoutent la contribution à la formation professionnelle (0,1 %, 0,2 % ou 0,3 % selon l'activité), la taxe pour frais de chambre consulaire pour les artisans et commerçants, et, sur option, le versement libératoire de l'impôt. Le taux BNC est celui qui a le plus bougé : 21,1 % jusqu'en juin 2024, 25,6 % depuis le 1er janvier 2026. Sans chiffre d'affaires, vous ne payez rien.

« Combien je vais payer à l'Urssaf ? » C'est la première question de presque tous les micro-entrepreneurs que je reçois, juste avant « et combien il me restera ? ». Bonne nouvelle, le régime micro est le seul où la réponse tient en une multiplication. Moins bonne nouvelle, le taux dépend de la nature exacte de votre activité, il a changé plusieurs fois depuis 2024 pour les libéraux, et plusieurs petites lignes s'ajoutent au taux affiché.

Je vous donne ici les taux en vigueur au 25 octobre 2026, leur évolution récente, ce qu'ils financent et trois calculs types sur des exemples fictifs. La démarche de paiement elle-même est expliquée dans l'article sur la déclaration Urssaf de l'auto-entrepreneur.

Quels sont les taux de cotisations auto-entrepreneur en 2026 ?

Le principe du régime micro-social : un taux global, appliqué au chiffre d'affaires hors taxes encaissé sur le mois ou le trimestre. Pas de calcul sur le bénéfice, pas de régularisation l'année suivante, pas de cotisation minimale.

Activité Taux de cotisations 2026 Avec versement libératoire
Vente de marchandises, restauration, hébergement (BIC) 12,3 % 13,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 21,2 % 22,9 %
Autres prestations de services et professions libérales (BNC, Sécurité sociale des indépendants) 25,6 % 27,8 %
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav 23,2 % 25,4 %

La colonne de droite ajoute l'impôt sur le revenu pour ceux qui ont choisi de le payer en même temps que les cotisations : 1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires. Ce n'est pas une cotisation, et ce n'est pas toujours une bonne affaire : j'y consacre un article entier, sur le versement libératoire.

Comment savoir quelle ligne vous concerne ? La vente de produits que vous n'avez pas fabriqués, c'est la première ligne. Les métiers manuels et les services commerciaux (plombier, coiffeur à domicile, chauffeur, réparateur), c'est la deuxième. Les activités intellectuelles non réglementées (consultant, développeur, formateur, traducteur, coach), c'est la troisième. La Cipav ne concerne plus que les professions libérales listées par la loi qui n'ont pas de caisse propre, réglementées (architectes) ou non (ingénieurs-conseils, ostéopathes). En cas de doute, la nature de votre activité figure sur votre attestation d'affiliation.

Les taux BNC et Cipav ont bougé : l'historique 2024-2026

Si vous êtes micro-entrepreneur en libéral depuis quelques années, vous avez vu votre taux grimper par paliers. Pour les libéraux de la Sécurité sociale des indépendants, cette hausse finance surtout des droits à la retraite complémentaire.

Période BNC (Sécurité sociale des indépendants) Professions libérales Cipav
Jusqu'au 30 juin 2024 21,1 % 21,2 %
Du 1er juillet au 31 décembre 2024 23,1 % 23,2 %
Du 1er janvier au 31 décembre 2025 24,6 % 23,2 %
Depuis le 1er janvier 2026 25,6 % 23,2 %

Un détail qui sème la confusion : le décret du 30 mai 2024, repris dans le calendrier publié par l'Urssaf à l'été 2024, prévoyait 26,1 % pour 2026. Un décret du 8 septembre 2025 a ramené ce dernier palier à 25,6 %, le taux appliqué depuis le 1er janvier 2026 et repris par l'Urssaf et Service-Public. Si un simulateur ou un vieil article vous parle de 26,1 %, il n'est pas à jour.

Les taux de la vente (12,3 %) et des prestations BIC (21,2 %) n'ont pas bougé sur la période.

Que faut-il ajouter au taux de cotisations affiché ?

Le taux global n'est pas tout à fait le montant final. Deux lignes peuvent s'y ajouter sur votre échéance.

La contribution à la formation professionnelle (CFP). Elle vous ouvre des droits à la formation, à condition d'avoir déclaré un chiffre d'affaires positif l'année civile précédente. Elle est prélevée à chaque échéance :

Profil Contribution à la formation professionnelle
Commerçant 0,1 % du chiffre d'affaires
Profession libérale (réglementée ou non) 0,2 % du chiffre d'affaires
Artisan 0,3 % du chiffre d'affaires

La taxe pour frais de chambre consulaire, pour les commerçants (chambre de commerce et d'industrie) et les artisans (chambre de métiers et de l'artisanat). Elle est due à partir de la deuxième année d'activité, et n'est pas due si votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 € (le même seuil que l'exonération de CFE). Les taux publiés par Bpifrance Création sont de 0,015 % pour la vente de marchandises et 0,044 % pour les prestations de services commerciales côté CCI, et de 0,48 % pour les prestations artisanales côté CMA (taux plus élevés en Alsace et en Moselle). Les professions libérales n'y sont pas soumises.

Que financent les cotisations d'un auto-entrepreneur ?

Le taux global couvre l'ensemble de votre protection sociale obligatoire : assurance maladie-maternité et indemnités journalières, invalidité-décès, allocations familiales, retraite de base, retraite complémentaire obligatoire, et la CSG-CRDS. Vous dépendez de la CPAM de votre lieu de résidence pour la santé, comme un salarié.

Ce qui n'est pas couvert : le chômage, qui n'existe pas à titre obligatoire pour les indépendants, la mutuelle, et la retraite supplémentaire. Ces trois postes relèvent de contrats privés.

Autre point à garder en tête : vos droits (trimestres de retraite, indemnités journalières) sont calculés sur votre revenu, c'est-à-dire votre chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les prestations BIC, 34 % pour les BNC). Un petit chiffre d'affaires valide donc peu de droits, même si vous avez cotisé chaque mois. L'Urssaf permet d'opter pour les cotisations minimales afin d'améliorer sa protection. Attention, ce choix vous fait sortir du calcul micro-social : vos cotisations sont alors calculées comme celles d'un travailleur indépendant classique, avec des acomptes et une régularisation l'année suivante, et vous perdez le versement libératoire. C'est une décision à chiffrer avant de la demander.

Calcul des cotisations auto-entrepreneur : trois exemples fictifs

Les personnages ci-dessous sont inventés, les calculs sont faits avec les taux 2026, hors ACRE et hors versement libératoire.

Un consultant imaginaire en BNC, déclaration trimestrielle, encaisse 15 000 € sur le trimestre :

  • cotisations : 15 000 € × 25,6 % = 3 840 € ;
  • formation professionnelle : 15 000 € × 0,2 % = 30 € ;
  • total à payer : 3 870 €. Avec le versement libératoire, il ajouterait 15 000 € × 2,2 % = 330 €, soit 4 200 €.

Un plombier imaginaire, artisan en prestations BIC, déclaration mensuelle, encaisse 6 000 € sur le mois, en deuxième année d'activité :

  • cotisations : 6 000 € × 21,2 % = 1 272 € ;
  • formation professionnelle : 6 000 € × 0,3 % = 18 € ;
  • taxe pour frais de chambre de métiers : 6 000 € × 0,48 % = 28,80 € ;
  • total : 1 318,80 €.

Une e-commerçante imaginaire en vente de marchandises, encaisse 10 000 € sur le mois, en deuxième année d'activité :

  • cotisations : 10 000 € × 12,3 % = 1 230 € ;
  • formation professionnelle : 10 000 € × 0,1 % = 10 € ;
  • taxe pour frais de chambre de commerce : 10 000 € × 0,015 % = 1,50 € ;
  • total : 1 241,50 €.

Le cas de l'e-commerçante montre la limite du système : 12,3 % paraît léger, mais il s'applique au prix de vente, achats de marchandises compris. Si sa marge brute représente 30 % de son prix de vente, ses cotisations pèsent en réalité autour de 40 % de sa marge brute, avant même ses autres frais.

Le vrai coût : des cotisations sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice

C'est la force et la faiblesse du régime. Tant que vos dépenses restent faibles, le calcul sur le chiffre d'affaires est imbattable de simplicité et souvent avantageux. Dès que vos frais grimpent (sous-traitance, matériel, local, déplacements, logiciels), vous cotisez sur de l'argent que vous avez déjà dépensé.

Prenons un développeur imaginaire qui encaisse 70 000 € par an en BNC. Il paie 70 000 € × 25,6 % = 17 920 € de cotisations. S'il dépense 2 000 € par an, ses cotisations représentent environ 26 % de ce qui lui reste. S'il sous-traite pour 20 000 €, elles représentent près de 36 % de ce qui lui reste, alors que le taux affiché n'a pas changé. C'est souvent à ce moment-là que la question du passage au réel ou en société mérite d'être posée, avant même d'approcher le plafond de la micro-entreprise.

Les cas particuliers

Vous avez démarré avec l'ACRE. Vos taux sont réduits jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui du début d'activité, de 50 % pour un démarrage avant le 1er juillet 2026 et de 25 % depuis cette date, la réforme ayant réduit l'avantage pour les nouvelles créations. Tous les taux réduits et les conditions sont détaillés dans l'article ACRE 2026.

Vous avez une activité mixte. Chaque part de chiffre d'affaires garde son taux : vous ventilez vos encaissements entre vente, prestations BIC et BNC à chaque déclaration.

Vous n'avez rien encaissé. 0 € encaissé, 0 € de cotisations, alors qu'un gérant d'EURL ou un entrepreneur individuel au réel paie des cotisations minimales même les années sans revenu. Vous devez tout de même déclarer zéro.

Vous avez dépassé la franchise de TVA. Les cotisations restent calculées sur le chiffre d'affaires hors taxes : la TVA facturée n'entre jamais dans la base.

Mon conseil de gestion

Le réflexe le plus utile en micro-entreprise tient en une phrase : à chaque encaissement, mettez de côté votre taux de cotisations plus deux ou trois points, sur un compte séparé. Pour un libéral en BNC, cela veut dire environ 28 % de chaque paiement client, versement libératoire non compris. Le jour de l'échéance, l'argent est là, et ce qui reste sur le compte principal est vraiment à vous.

Au cabinet, c'est aussi le moment où l'on regarde si le régime vous sert encore : cotisations payées, frais réels, revenu net, et ce que donnerait une autre structure. Tout notre accompagnement est décrit sur la page expert-comptable pour micro-entrepreneur.

On en parle ?

Vous voulez vérifier que vous déclarez dans la bonne catégorie, savoir ce que vous coûte vraiment la micro, ou comparer avec une EURL ou une SASU ? Je fais le calcul avec vos chiffres. Appelez-moi au 06 95 85 95 01, au cabinet de La Ciotat ou à distance.

Guillaume Mailey
Guillaume MaileyExpert-comptable inscrit à l'Ordre, fondateur de Safiance

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Vos questions, nos réponses

Quel est le taux de cotisation d'un auto-entrepreneur en 2026 ?

12,3 % du chiffre d'affaires pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les prestations libérales relevant de la Sécurité sociale des indépendants, et 23,2 % pour les professions libérales réglementées affiliées à la Cipav.

Pourquoi mon taux BNC est-il passé à 25,6 % ?

Le taux des micro-entrepreneurs en BNC augmente par paliers depuis juillet 2024 pour financer leur retraite complémentaire : 23,1 % au second semestre 2024, 24,6 % en 2025, puis 25,6 % depuis le 1er janvier 2026.

Le taux de 26,1 % annoncé pour 2026 s'applique-t-il ?

Non. Il était prévu par un décret de 2024, mais un décret du 8 septembre 2025 l'a ramené à 25,6 %, le taux appliqué depuis le 1er janvier 2026 selon l'Urssaf et Service-Public.

Un auto-entrepreneur paie-t-il des cotisations sans chiffre d'affaires ?

Non. Les cotisations sont proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé : sans encaissement, vous ne payez rien. La déclaration à zéro reste obligatoire.

La formation professionnelle est-elle comprise dans le taux ?

Non, elle s'ajoute : 0,1 % du chiffre d'affaires pour les commerçants, 0,2 % pour les professions libérales et 0,3 % pour les artisans.

Comment sont calculées les cotisations d'un auto-entrepreneur ?

En multipliant le chiffre d'affaires hors taxes encaissé sur le mois ou le trimestre par le taux de votre activité, puis en ajoutant la formation professionnelle et, pour les artisans et commerçants, la taxe consulaire. Le calcul se fait automatiquement lors de la déclaration en ligne.

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